
Préambule
Deux platines, un micro pour exhorter les gens à danser, et une table
de mixage pour enchaîner les disques : en 1984, dans les discothèques,
les disc-jockeys s'ennuient. Passer des morceaux de disco les uns après
les autres pendant que le public danse sur la piste ne leur suffit plus. Reprenant
alors les techniques utilisées par les DJs en Jamaïque depuis des
années, s'inspirant des innovations du rap, quelques disc-jockeys commencent
à mixer ensemble plusieurs disques différents, à passer
certaines parties à l'envers, fédérant l'ensemble par une
boîte à rythmes. Cette nouvelle génération de DJs,
nourrie aux musiques noires et à Kraftwerk (groupe allemand de rock industriel,
construisant dès 1969 une musique exclusivement électronique),
ne conçoit plus les morceaux comme une oeuvre figée, et s'arroge
le droit de retravailler les disques.C'est ainsi que s'amorce leur désacralisation
de l'oeuvre enregistrée, et que s'ouvre la porte pour de nouvelles innovations.
A ces prestations en direct, certains DJs excellent. Sélectionnant soigneusement
leurs titres, connaissant parfaitement les morceaux, armés d'une grande
habileté dans la manipulation des disques et des platines, ils impriment
leur style aux clubs dans lesquels ils officient. Le petit monde de la dance
music se bouscule pour les écouter, et pour danser sur leurs enchaînements.
Frankie Knuckles, DJ arrivé de New-York, est l'un de ceux-là.
Il imposera tellement sa marque à la nouvelle musique naissante qu'elle
tirera son nom du club de Chicago où il tiendra les platines : le Warehouse.

Frankie Knucles
Chicago, terreau de la house
Bien que ses premiers balbutiements aient eu lieu dans les discothèques
de New-York, c'est en effet à Chicago que la house va réellement
naître et grandir, et révolutionner le monde de la dance. Car ces
mixes deviennent de plus en plus originaux, allant maintenant jusqu'à
s'affranchir totalement des morceaux de départ. Peu à peu, ils
ne vont plus ressembler qu'à eux-mêmes, et devenir ainsi des morceaux
à part entière. L'innovation radicale de ces DJs iconoclastes,
c'est qu'ils traitent le son déjà enregistré comme une
matière brute, disponible et corvéable à merci. Ils agissent
comme agirait un sculpteur : on taille, on rajoute, on étire, on colle,
on assemble : tout est possible. Tout ce qui est enregistré ou récolté
ici et là est désormais perçu comme un élément
d'une inépuisable banque de sons à disposition des idées
les plus folles, pourvu que le résultat fasse danser. L'émancipation
de la house est complète quand en 1985 les DJs se mettent à enregistrer
ce qu'ils se contentaient auparavant de réaliser en direct. L'avancée
est de taille, puisqu'en ouvrant la possibilité de travailler pas à
pas, piste à piste, dans la tranquillité du home studio, elle
permet une plus grande recherche et un mixage plus complexe. C'est ainsi que
de simple pousse-disque, le DJ saute le pas et devient producteur de sa propre
musique. La dance franchit alors un cap de non-retour, tandis que la house se
pose d'emblée comme une musique sans musiciens traditionnels, sans instruments
traditionnels, mais s'alimentant des technologies les plus abouties : synthétiseur,
boîte à rythmes, séquenceur, effets divers, et bientôt
échantillonneur (ou sampler).
Love can't turn around de Farley Jackmaster, Music is the answer de Colonel
Abram, Music is the key de J.M. Silk, Move your body de Marshall Jefferson sont
des titres de légende de ces tout-premiers âges. Les labels DJ
International et Trax, basés bien sûr à Chicago, sont les
porteurs de ce nouveau son.

La
sortie de l'underground
A ce stade, la scène house reste encore confinée aux clubs de
Chicago, en particulier les clubs gays. Le public qui ne fréquente pas
les discothèques ne sait tout simplement pas qu'elle existe. La house
va déborder ce cadre restreint et sérieusement étendre
son audience quand un autre type de DJs, les programmateurs-radio de la ville,
commencent à passer sur les ondes les productions enregistrées
par les DJs de clubs, ou bien à mixer eux-mêmes. Le
premier de ceux-là est Farley Jackmasterfunk. Frankie Rodriguez, Julian
Peruse, Mike "Hitman" Wilson, Bad Boy Bill, Tim Shomer, Brian Middletown
le suivront de près. En relayant cette nouvelle musique vers le grand
public, les radios vont élargir les bases de la house, et les disques
vont dès lors intégrer le circuit commercial traditionnel et l'usage
domestique.
L'angleterre à l'écoute
Une nouvelle étape est franchie quand Steve Silk Hurley, lui aussi de
Chicago, se hisse à la première place des charts anglais avec
son titre Jack your body en 1986, et consacre ainsi la réussite commerciale
et l'internationalisation de cette musique née dans l'underground.
Car les Anglais ne s'y sont
pas trompés : c'est bien un son totalement nouveau, inouï, terriblement
efficace, qui débarque en Europe cette année-là. La scène
anglaise, toujours à l'affût, regarde à présent vers
Chicago ; la presse anglaise et une multitude de petits labels européens
se ruent sur le phénomène, contribuant à la création
de cette déferlante, qui surprendra les DJs de Chicago eux-mêmes,
interloqués d'être connus si loin de chez eux : c'est que le monde
de la dance a maintenant les yeux braqués sur les clubs de la capitale
house de l'Illinois, et les DJs des discothèques de la ville sont en
train de devenir des légendes. En
1987, les tubes se succèdent en Angleterre : c'est le temps des excellents
Pump up the volume par M/A/R/R/S, Beat dis de Bomb The Bass, ou encore Theme
from S'Express, de S'Express, qui font aujourd'hui figure de classiques.
C'est encore à
Chicago que s'invente l'acid house, variante psychédélique de
la house, dès 1986. A l'origine de ce nouveau son, DJ Pierre et son co-équipier
Spanky (souvent réunis sur disque sous le nom de Phutur), et leur exploration
des possibilités d'un synthétiseur-basse peu coûteux, le
fameux Roland TB 303. Les filtres de cette nouvelle machine, réglables
manuellement, triturent les notes et injectent à l'ensemble une frénésie
hypnotique : le premier titre, Acid tracks, appartient à l'histoire.
A l'origine, le terme acid n'a aucune connotation liée à la drogue
; c'est le son, si particulier, qui est acid .

Roland TB 303
Le phénomène s'empare des discothèques anglaises en 1988,
et l'ampleur du mouvement est telle que les clubs sont désormais trop
petits pour accueillir tous les danseurs touchés par la contagion acid.
C'est ainsi que commencent les raves : organisées d'une manière
sauvage, voire illégale, dans d'immenses hangars industriels ou des parkings
souterrains, ces fêtes emmènent les participants vers la transe
collective. Les lumières, les fumigènes, la foule, la musique,
le volume sonore, la durée, tout est fait pour la perte de contrôle
et l'effet hallucinatoire. Les
titres et les vocaux des morceaux se truffent de ACIIIIIID !, hurlés
en choeur par les danseurs pendant les raves. Les maisons de disques, cherchant
les retombées commerciales, enregistrent à tour de bras, et produisent
le meilleur comme le pire. Pour que les acheteurs puissent se repérer
dans les bacs des disquaires, les labels collent sur les disques un nouveau
sticker, le Smiley , qui devient le logo de l'acid. L'extase est totale : en
1988, la vague acid balaye l'Angleterre.

Le fameux smiley
Les rives des Iles Baléares, où nombre d'Anglais passent leurs
vacances, sont elles-aussi touchées, générant un nouveau
courant, le Balearic beat. L'onde de choc n'épargne pas l'Europe continentale
du Nord où une variante apparait, le New beat, au tempo lent et plus
lourd...
Événements
aux Etats-Unis de la fin des années 1980 au début des années
1990
De retour en Amérique
la scène n'avait toujours pas progressé au-delà d'un petit
nombre de clubs à Chicago et New York, le Paradise Garage était
toujours le club de prédilection, bien qu'ils aient maintenant Todd Terry,
son tube"Week-end" a démontré un nouveau son house avec
des influences de hip-hop évidentes avec un sampling plus rapide et une
ligne de basse plus rude. Tandis que le hip-hop avait fait sa place sur les
playlists de radios, les seuls autres choix étaient le Rock, la Country&Western
ou le R&B. Le Gospelet et le R&B influèrent Aly-Us à sortir
"Time Passes On" en 1993 (Strictly Rhythm), et plus tard, "Follow
Me" était dans le top classement des radios et tout aussi largement
joué dans les clubs. Une autre chanson à succès américaine
qui était dans les tops était le titre "Time for the Perculator"
par Cajmere, qui est devenu le prototye du sous-genre Ghettohouse. Bien que
ceux-ci soient maintenant généralement groupés dans la
catégorie des classiques house, le début du son des années
1990 différait du son house de Chicago WBMX du début des années
1980, dû au moins en partie aux améliorations audio numériques,
aussi bien qu'aux influences de la scène house italienne menée
par Daniele Davoli la gloire de "Black Box".
Strictly Rhythm "Strictly for the love"
Après
"Summer of Love": du début des années 90 au milieu des
années 90
En Grande-Bretagne, d'autres
expériences du genre ont amplifié son appel (ça a donné
l'occasion de construire de nouveaux noms). Les clubs house et rave comme le
Lakota, le Miss Moneypenny's, et l'original C.r.e.a.m. ont commencé à
émerger à travers la Grande-Bretagne, accueillant des événements
réguliers pour la scène house. L'idée du ''chilling out"
a été soutenue en Grande-Bretagne avec les albums ambiants de
maison comme le KLF's Chill Out (Bill Drummond et Jimi Cauty). Une nouvelle
scène de danse "indie" était forgée par des bandes
comme Happy Mondays, The Shamen, New Order, Meat Beat Manifesto, Renegade Soundwave,
EMF, The Grid and The Beloved. Deux voies distinctives de cette ère étaient
the Orb's "Little Fluffy Clouds" (avec un échantillon vocal
distinctif provenant de Rickie Lee Jones) et Happy Mondays' "Wrote for
Luck" ("WFL") qui a été transformée en tube
dance par Paul Oakenfold. Le "Criminal Justice Bill" de 1994 était
un projet du gouvernement pour 'interdire les grands événements
comportant de la musique avec "des battements réitérés".
Il y avait un certain nombre de réfractaires. Bien qu'elle soit devenue
loi en novembre 1994, elle a eu peu d'effet. La musique a continué à
se développer et changer, notament l'apparition de Leftfield avec "Release
the Pressure", qui introduit le dub et le reggae dans la house. La musique
était moulée, pas simplement par des drogues, mais par des groupes
culturels et racials mélangés, impliqués dans la scène
house. Les airs comme "The Bouncer" de Kicks Like a Mule ont employé
les "speed-up break-beats" du hip-hop. Avec SL2's "On A Ragga
Trip" ils ont donné les bases à ce qui deviendrait tambour
et basse et jungle. Inatialement appelé breakbeat hardcore, il a trouvé
la popularité dans des clubs de Londres comme le Rage avec "inner
city". Les labels comme Moving Shadow et Reinforced devinrent des références
underground. Montrant un tempo accru autour de 160 BPM, les airs comme "Terminator"
de Goldie (Inner City Life - Timeless) ont marqué un changement distinct
de la house avec des basse-lignes plus lourdes, plus rapides et plus complexes.
Le garage BRITANNIQUE s'est développé plus tard, croissant dans
la scène underground. Plus aimé pour danser que pour écouter,
il a produit des airs distinctifs comme "Double 99" depuis le Ripgroove
en 1997. Gagnant la popularité parmi des clubbers d' Ibiza, il a été
réimporté en angleterre sous une forme plus soft et eu le succès
des tops. 4heros est allé dans la direction opposée ; des breakbeats
brutaux ils ont adopté des influences plus soul et de jazz. Plus tard,
ceci a mené directement à la scène occidentale de Londres
au Brokenbeat.
De
la moitié à la fin des années 90
Aux USA, quelques artistes
trouvaient difficile de se faire connaitre. Une autre importation en Europe
non seulement comme modèle mais également comme créateur
était Joey Beltram. Avec le son "Energy Flash" cela en était
trop pour les fervents admirateurs américains de la house, il dû
s'exiler pour trouver le succès. L'industrie américaine mis son
poids sur des DJs comme Vasquez junior, Armand van Helden ou même les
Master at Work. Certains argumentaient qu'il y avait trop de remixes de Madonna,
Kylie Minogue, U2, lances de Britney, les filles d'épice, Spiller, Mariah
Carey, papa de souffle, Elvis Presley, Vengaboys alors que d'autres groupes
ou divas n'ont pas été considéré par les maisons
de disques. Pendant ce temps beaucoup d'individus et en particulier sociétés
se sont rendus compte que la house pourrait être extrêmement lucrative.
Pour développer des hits à succès, l'industrie du disque
a préféré faire de la house "handbag", propulsant
des sons disco rétros. Les DJs Underground étaient peu disposée
à jouer ce style, ainsi une nouvelle génération de DJs
a été créée par les compagnies de disques, ainsi
que de nouveaux clubs comme Miss Moneypenny's, Liverpool's Cream (en opposition
avec l'original underground night, C.R.E.A.M.) et le Ministry of Sound ont été
ouverts pour fournir un rendez-vous plus commercial. En 96 Pete Tong eu un rôle
important dans la radio BBC 1, et chaque disque qu'il playlistait semblé
être un hit garanti. Les compagnies de disques ont commencé à
ouvrir des "superclubs" favorisant leurs propres promo, forçant
beaucoup de clubs et labels indépendants à quitter les affaires.
Pete Tong
La house d'aujourd'hui
La dance musique a discutablement
atteind sa crête à la fin du millénaire, particulièrement
en angleterre. Nombre de raisons en font son déclin pendant les années
2000. En 2003, une
nouvelle génération de DJs et promoteurs, incluant James Zabiela
and Mylo, émergea, déterminée à redémarrer
une scène plus underground et il y avait des signes de renaissance à
Philadelphie, à Atlanta, Chicago, à Detroit et autre villes racialement
mélangées, aussi bien au Canada, en Scandinavie, en Ecosse ou
en Allemagne. Par exemple, en 2004 le stéréo club de Montréal
a célébré sa sixième année de fonction. Le
stéréo a été modelé après le garage
paradise club de New York City, concentrant l'expérience sur la qualité
du son et jeux de lumières. La clef de la house musique était
ré-inventée. Un empressement de voler ou développer de
nouveaux styles de sons avec un bas prix de fabrication donnèrent des
idées d'innovation. Le développement des ordinateurs et de l'Internet
jouent un rôle critique dans cette innovation. En 2005 la house musique
a trouvé un nouveau croisement. Le son soulful qui fut apprécié
de la popularité vers la fin des années 90 à 2000 a perdu
son élan et a été écarté de presque toutes
les radios génériques à HIT. Les audiences sont réparties
à travers le monde entre les gardiens de la OLDSCHOOL house et des sons
plus sombres, plus synthétiques basés sous l'influence rétro
des années 80. Les opinions sont partagés. Certains le considèrent
comme trop directe, et d'autres le voient comme un nouveau genre, étant
plus fait avec du son techno, electro ; c'est plus de la musique EBM(Electronic
Body Music) que de la house. Récemment, Richard Daley, le maire de Chicago
a proclamé le 10 août 2005 comme "House Unity Day" de
Chicago durant la célébration du 21ème anniversaire de
la house. Des DJ comme Frankie Knuckles, Marshall Jefferson, Paul Johnson et
Mickey Oliver ont été cités parmi de nombreux autres pour
célébrer ensembles chaque année cet événement
organisé par le département des affaires culturelles de Chicago
.

Paul Johnson
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HOUSE HISTORY FILM - PUMP UP THE VOLUME
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Article posté par DjB
Sources :
wikipedia
and many...
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